Mardi 1 mai 2007
Il est des artistes qui traversent les générations et dont les oeuvres restent d'une troublante actualité. Cela va peut être étonner ceux qui me connaissent, mais Brassens fait parti de ceux-là. Ca va vous paraitre un peu vieille France, mais les messages qu'il transmet dans ses chansons me font toujours un grand effet.
Comme beaucoup de monde, Brassens a été longtemps pour moi synonyme de "L'auvergnat" des "Copains d'abord" ou de "Gare au gorille".
De cet affront, Brassens s'est vengé par l'intermédiaire d'un ami. Alors que nous fêtions la fin de ses études, voici que le bon bougre se met à chanter un texte sur l'air de la "Supplique pour être enterré à la plage de Sète". Curieux, je me suis mis à chercher le texte original et je suis resté bluffé par la poésie et la sensibilité du bon maître.
Tout cela aurait pu en rester là si je n'avais été le chauffeur d'amis étudiants en médecine qui devaient passer leur concours à Montpellier.
Alors qu'ils composaient, j'ai pris la voiture direction Sète (avec un arrêt à Frontignan, faut pas déconner). J'ai longé la plage (de Sète) pour voir où avait été enterré le suppliqué. Je dois avouer que j'étais un peu intimidé, j'ai pas trop l'habitude de fréquenter les tombes de célébrités (hormis celle de Jim Morrisson au Père Lachaise, c'était une grande nouveauté).
Je m'attendais à voir une tombe un peu cossu forte de signes ostensibles d'admiration de fan bien vivant, je peux dire que je suis tombé de haut.
C'était une tombe on ne peut plus simple (comme dans sa chanson). C'est alors que j'ai entamé ma "conversion"
Dernièrement, je suis tombé sur une chanson que j'aime particulièrement : Les passantes.
Georges Brassens - Les Passantes
envoyé par ninoudesiles
Y a pas à dire, mais cette chanson me met à chaque fois le coeur à l'envers. Elle me rappelle qu'on a tous toujours un peu tendance à prendre la vie comme on prend l'autoroute une veille de grand départ. On va vite, on s'arrête peu pour maintenir sa moyenne. Et puis on se rend compte qu'on a traversé des coins super sympa sans en profiter vraiment.
On se dit qu'on repassera un jour dans le coin et qu'on prendra la nationale, mais que, lorsqu'on se décide enfin, les promotteurs immobiliers sont passés par là.
On se perd en conjecture à savoir et si j'avais fais ceci, si j'avais dis cela... Et on se retrouve à porter un passé lourd de vide.
La chanson parle surtout des femmes que l'on a jamais osé approcher pour des raisons forcément bonnes.
J'oserais rajouter les amis avec qui l'on se fache forcément à cause d'eux, aux parents à qui l'on ne dit jamais suffisamment qu'on les aime. Jusqu'au jour où l'on se rend compte qu'il est trop tard. La femme est mariée, l'ami définitivement perdu et le parent décédé.
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