C'est amusant de voir que certaines discussions font ressortir des souvenirs qu'on croyait oublié.
C'était il y a 16 ans. Je passais le Nouvel An à Munich dans le cadre d'un rassemblement de jeunes. Le gymnase dans lequel j'étais regroupé une quinzaine de nationalités. Une vrai tour de Babel. Ca parlait français, anglais, espagnol, polonais (beaucoup polonais !), allemand, croate, roumain...
J'ai souvenir d'un ami qui m'avait dit qu'à ce moment là, on n'a pas appris à tous connaitre, on a apprit à vivre avec.
De toutes les manières, c'était un moment suffisamment fort pour marquer durablement le petit merdeux de 17 ans que j'étais.
Un nouvel an à Munich, il va sans dire que la bière a coulé à flot. La bière, mais aussi la Tuica, petit alcool de prune roumain qui à le même effet sur les neurones que le guépard sur un troupeau de gnou. Il assure l'élimination des plus faibles.
Or, ce soir là, j'avais bu beaucoup, beaucoup de Tuica. Enfin devrais je dire qu'on m'a fait boire beaucoup beaucoup de tuica (maman, si tu me lis, c'étais pas ma faute). Pas assez pour me rendre malade. Mais assez pour me rendre très très fatigué. Suffisamment fatigué pour que j'aille me coucher... sur une commode. Et qu'on ne vienne pas me faire la morale. Sur ce coup là, que celui qui n'a jamais bu me jette la première canette de bière vide.
S'endormir sur une commode, jusque là, pas de quoi fouetter un blog. Se réveiller dans son duvet doit vaguement faire pouffer les flux RSS. N'avoir aucun souvenir entre les deux moments précédemment cités, ça ça peut faire l'objet d'un post.
Dans le cas présent, c'est plutôt les hypothèses émises sur le contenu de ces 3h de black out qui sont à l'origine de ce post.
De folles explications ont émaillé les 8h de bus du trajet de retour. Mais celle qui a bien fait rire mes comparses, c'est celle de la "prise en charge par un membre féminin de la délégation roumaine".
De là, sont nées pleins de questions du style
Est-ce qu'elle était belle ou moche ? (de toute manière, le résultat est le même, je ne me souviens plus)
Etait elle seule ou plusieurs (désolé, fantasme personnel) ?
Etait elle gymnaste ou lanceuse de poids (bah oui, il fallait bien transporter le bestiaux jusqu'à son duvet)
Etait ce bien une femme ?
Et puis est venu la remarque désobligeante au niveau de Strasbourg. "Ca se trouve, tu l'as mis enceinte..."
Une fois arrivé à Nancy, la dénégation commence.
"Mais c'est pas possible ! Je m'en souviendrais quand même. Et puis pourquoi elle m'a ignoré après ? (Non Nico, pas de commentaires) Et puis... Et puis ... Et puis..."
Ca nous a bien occupé cette histoire. Mais pendant longtemps, ça m'a travaillé un peu.
Je sais très bien que c'est pas vrai et que ma descendance se limite à mes charmantes deux petites têtes blondes.
Mais il n'empêche, à chaque fois que je vois un rom de 16 ans faire la manche, je ne peux pas m'empêcher de lui donner une pièce.
Quoi !
On sait jamais
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